Taddeï sur RT, l’Idiot International de Moscou?

Seuls les plus naïfs en seront surpris. En échouant sur RT France, l’antenne française de RT, anciennement Russia Today, chaîne de déstabilisation politique du Kremlin, Frédéric Taddeï ne signe pas là un virage néo-droitier mais se situe au contraire dans la droite ligne de ce qui a pu être engagé pendant la décennie au sein de laquelle il a pu animer l’émission Ce Soir Ou Jamais successivement sur France 3 et France 2.

Lancement d’une énième formule de L’Idiot International et ce à partir de l’immédiate après 68, initialement par Jean-Edern Hallier, Simone de Beauvoir et Jean-Paul Sartre, jusqu’à sa faillite en 1994.. Journal qui connaîtra plusieurs formules jusqu’à l’ultime polémique précipitant sa perte, l’accusation d’être un journal rouge brun.

Plateaux télés aux invitations qui pour certaines, nous allons le voir, eurent bien du mal à cacher des relations politiques parfaitement détestables, notamment celles à relier au journal rouge brun L’Idiot International auquel  Frédéric Taddeï fut lié de près.

Selon le communiqué  de presse de RT France, Frédéric Taddeï animera quatre tranches « d’une heure où alterneront actualité culturelle et débats de société ».

Frédéric Taddeï rejoint ainsi Alexis Bétemps, éditeur sur la revue néo-droitière Philitt, revue proche de la Nouvelle Droite d’Alain de Benoist, ainsi que Jonathan Moadab, créateur du site d’extrême droite l’Agence Info Libre et ayant participé au site d’extrême droite Le Cercle des Volontaires.

Cité dans le communiqué, Frédéric Taddeï fait savoir que « dans un paysage télévisuel sinistré, où les intellectuels, les chercheurs, les savants, les contestataires n’ont plus la parole et où les vrais débats ont totalement disparu, c’est la seule chaîne de télévision qui m’ait donné carte blanche pour faire ce que je faisais dans Ce soir (ou jamais) : des émissions intelligentes, sans parti pris, dans lesquelles on pourra discuter de tout, entre gens qui savent de quoi ils parlent, qu’on ne voit pas ailleurs, et qui ne sont pas d’accord entre eux ».

La revue Philitt, toujours prompte à relayer le fasciste Alain de Benoist.

Des émissions “intelligentes“, c’est lui qui le dit! Voyons donc à quelle intelligence s’adresse Frédéric Taddeï en présentant Alain de Benoist aux téléspectateurs sur son plateau le 17 janvier 2011 en compagnie du fasciste Alain Soral: 
« Alain de Benoist, vous avez été le principal animateur d’un courant de pensée que l’on appelait dans les années 70 La Nouvelle Droite, vous êtes l’auteur d’une cinquantaine de livres dont le célèbre Vue de droite, une anthologie critique des idées contemporaines, qui a reçu le grand prix de l’académie française en 1978, le dernier vient juste de sortir, il s’intitule Des animaux et des hommes. »

Le fasciste Alain de Benoist présenté chez Taddeï comme un conservateur respectable.

 Une présentation du personnage pour le moins complaisante, voire élogieuse, taisant totalement aux téléspectateurs le fait qu’Alain de Benoist soit un fasciste, dont le courant d’extrême droite se nommant “La Nouvelle Droite“, pour mieux brouiller les pistes, n’appartient en rien au passé et est toujours en activité!

Dans les invités, on retrouve Thibault Isabel, rédacteur en chef de la revue Krisis.

Alors que Dominique Venner peut être considéré comme le principal individu à l’origine de la Nouvelle Droite, celui qui l’incarnera le plus aux yeux d’un grand nombre sera Alain de Benoist. A partir du milieu des années 80 alors que Dominique Venner s’est peu à peu mis en retrait, c’est lui qui va devenir le seul maître à bord, bien que plus jeune que Venner, il est issu du même milieu ultra-radical: pro-Algerie française, membre de la FEN puis d’Europe Action, ils côtoiera même les artisans de la stratégie de la tension en Italie comme Pino Rauti, le fondateur d’Ordine Nuevo (l’un des responsables des attentats de la piazza Fontana, de la piazza Della Logia et de la gare de Bologne, totalisant 105 morts et plus de 380 blessés). Les membres du Gladio (réseau terroriste du “stay behind” italien soutenu par la CIA) sont alors friands des méthodes de “guerre contre-subversives” et de “conflits asymétriques” des coloniaux français.

Les fascistes Alain Soral et Alain de Benoist aux côtés de la réactionnaire Natacha Polony

Alain de Benoist va entreprendre de mener plus loin encore la conquête des esprits par la bataille culturelle du GRECE en brouillant les pistes et en investissant des terrains idéologiques peu encore explorés par le GRECE et la Nouvelle Droite, au nombre desquels le tiersmondisme et l’écologie.

Le filousophe arnaquiste se lâche sur RT, la chaîne propagandiste de Moscou, hébergé sur le site conspirationniste Inform’Action et relayé par la page cohfusionniste Art. 123 Lisbon, c’est presque un sans faute, bravo Mimi, continue, tu y es presque!
 C‘est donc à partir des années 80 que la Nouvelle Droite et le GRECE vont de plus en plus s’intéresser aux questions de l’écologie et ce, via Alain de Benoist qui est par ailleurs un fin connaisseur de la révolution conservatrice allemande (il anime même la collection “révolution conservatrice” aux éditions Pardes). La remise en cause dans l’opinion publique des bienfaits du progrès scientifique, du productivisme ainsi que le travail de sabotage et de droitisation entrepris depuis presque 20 ans par les personnalistes et les anciens non-conformistes est une occasion rêvée pour le GRECE de réaffirmer des idées inspirée du romantisme et du paganisme du XIXème siècle sous un jour nouveau et toujours sous couvert du slogan “ni gauche, ni droite”.

En 1988 Alain de Benoist lance la revue “Krisis” qui se veut une “revue d’idées et de débats” et dans laquelle il n’aura de cesse de draguer des personnalité de “la gauche”, et ce, avec succès. On sait qu’un article de Bernard Langlois a été publié avec l’accord de ce dernier qui ira même jusqu’à l’assumer dans une réponse au Canard Enchaîné où il défend que de Benoist et sa revue ne sont pas d’extrême-droite. Mais on verra également apparaître Jean-François Khan, Jean Luc Melenchon, Jean-Paul Jouary, Ignacio Ramonet, Gisèle Halimi

L’insoumis Thomas Guénolé en pleine convergence des luttes avec la Nouvelle Droite, ici invité sur le dernier numéro de Krisis. Au bas à droite de la capture d’écran, un panneau publicitaire menant à la page du fasciste Marsault.

Alain de Benoist parviendra à se faire inviter en 1991 dans le n° 13 de la Revue trimestrielle du MAUSS (Mouvement Anti-Utilitariste dans les Sciences Sociales) et à se lier avec Alain Caillé son secrétaire général. Dès décembre 1989 on trouvait déjà Alain Caillé dans le n°4 de Krisis ainsi que Serge Latouche, autre membre du MAUSS dont l’ouvrage “L’Occidentalisation du monde” avait déjà été salué dans les notes bibliographique du n°2 de la revue (avril 1989) mais aussi dans le n°145 de la revue de Denis de Rougemont déjà évoquée “Diogène” (janvier 1989), puis on l’y retrouvera par exemple en 1992 dans le n°12 consacrée à l’argent où l’on trouve pèle-mêle des articles de Bernard Langlois (le fondateur d’ATTAC et co-fondateur de Politis), Jacques Juliard (ancien de la CFTC puis de la CFDT, éditorialiste au Nouvel Observateur, on notera sa collaboration avec la revue personnaliste Esprit dans les année 60) et Serge Latouche.

Le rouge brun Jean Bricmont relayant la chaîne propagandiste RT avec en présentateur vedette, le propagandiste d’extrême droite Jonathan Moadab (du site d’extrême droite Agence Info Libre), dieudonniste féru des procès de son idole.

 L‘émission “Ce Soir Où Jamais” a-t-elle participé à alimenter la matière conspirationniste sur les sites d’hébergement de vidéo en ligne? En quoi l’extrême droite a-t-elle pu trouver en cette émission d’une tolérance infinie à l’endroit des rouges bruns, des antisémites et des fascistes, un gage de respectabilité télévisuelle, elle qui n’a pourtant de cesse de critiquer les médias tout en y étant toujours fourrée dessus? Le passage de Frédéric Taddeï au journal néo-droitier l’Idiot International a-t-il pu impacter la nature de ses plateaux sur cette émission du “service public”?

Le cryptofasciste Etienne Chouard ou la confusion comme un bon dieu sans confession.

Pourquoi cette émission a-t-elle été tant défendue par l’extrême droite?

L’humoriste fasciste Dieudonné en compagnie de Bruno Gaccio, qui fut proche un temps de Nouvelle Donne et qui ira le soutenir jusqu’à la Main d’Or, le théâtre que louait Dieudonné avant d’en être expulsé.

Dans le journal « Politis » du 13 octobre 2011, Frédéric Taddeï déclarait, en toute modestie, « L’animateur crée la liberté d’expression »

Taddeï courant après l’invitation de la chaîne nationaliste, réactionnaire et confusionniste Thinkerview, chaîne où l’on peut notamment découvrir les interviews du complotiste rouge brun Michel Collon, le crypto-fasciste Etienne Chouard, le réactionnaire et xénophobe Paul Watson, le confusionniste de droite libérale Olivier Delamarche, la réactionnaire Natacha Polony, Pierre-Emmanuel Valentin, Président du directoire de la Nef et banque du mouvement sectaro-religieux de l’anthroposophie, le chouardien et radical de gauche Philippe Pascot, Xenia Fedorova, Présidente et directrice de l’information de RT France, le tout en partenariat avec le site confusionniste ultra-libéral les-crises.fr

Il oubliait simplement de préciser à ce journal de « gauche » qu’il s’agissait de la liberté d’expression pour les fascistes, les antisémites et les racistes qu’il invite régulièrement à son émission sous prétexte que ces pauvres types ne seraient pas invités ailleurs ou alors… qu’ils sont aussi invités dans d’autres émissions !!! Quelle cohérence dans l’argumentation !

Le rouge brun Jean Bricmont, qui a transité par le Monde diplomatique et ATTAC, aura lui aussi droit à son invitation.

Sous prétexte que ses invités sont suffisamment prudents pour ne pas tenir de propos antisémites, négationnistes, racistes ou fascistes qui auraient fait l’objet de condamnations suite à leur passage DANS SA SEULE EMISSION, Frédéric Taddeï fait venir régulièrement chez lui des fascistes (Soral, Renaud Camus), des racistes (Nabe, Milet, Soral, Renaud Camus) et des antisémites patentés (Soral, Dieudonné, Renaud Camus, Nabe) dont les liens avec l’extrême droite sont notoires. (sans parler de Michel Collon, Etienne Chouard, Jean Bricmont, Alain de Benoist, etc,…)

Le rouge brun Michel Collon fut bien évidemment, lui aussi de la partie.

Marc-Édouard Nabe eût droit à un dispositif particulier, sans contradicteur.

“L’affaire Dieudonné”, un triste spectacle prétendument “transgressif” offert par Taddeï et Marc-Edouard Nabe consistant à faire disserter un antisémite sur un autre antisémite…

Il n’est pas indifférent de rappeler que ce triste sire a collaboré à la revue « L’Idiot International » de Jean-Edern Hallier, publication qui lui permit de côtoyer tout un tas de canailles de la Nouvelle Droite, de littérateurs d’extrême droite mais aussi de la gauche social-patriote ou social-nationaliste…

Et quand Onfray sort la machine à débiter des énormités, cela donne à peu près ceci:”Ceux qui veulent recouvrer la liberté, je les appelle des « libertaires », donc ça va chez nous en France de Marine Le Pen à Mélenchon en passant par l’aile gauche du parti socialiste et l’aile gauche de l’UMP, ça fait beaucoup de monde en France.” Michel Onfray

Sur l’Idiot International

Journal animé par Jean-Edern Hallier entre 1969 et 1994, qui soutint les maos au départ puis se livra à toutes sortes de provocations, dignes de la presse de caniveau.

Quand le Monde diplomatique se fend d’un best of sur BHL, la fixette monomaniaque et fasciste des antisémites, RT accourt et s’empresse de le relayer, sans doute encore cette satanée convergence des luttes.

Comme l’écrivait la revue Mauvais Temps en 1999 : « Cet hebdomadaire était un véritable laboratoire idéologique où, sous couvert d’anti-américanisme, d’anti-mitterrandisme, d’anti-sionisme, on redonnait des couleurs neuves à l’antisémitisme, où sous les apparences de la phraséologie révolutionnaire, on réhabilitait en fait la vieille pensée de l’extrême droite française, celle de Barrès, de Maurras, de Daudet fils, de Drieu La Rochelle. »

L’extrême droite était bienvenue chez elle sur Ce Soir Ou Jamais.

Fils de général, Hallier était fortement suspecté d’avoir sympathisé avec l’OAS avant 1968, mais cela ne gêna pas ses amis maoïstes après Mai.

Michel Onfray sur Eléments, la revue proche de la Nouvelle Droite d’Alain de Benoist

Il publia un livre d’Alain de Benoist tout en affirmant ne pas partager les positions de la Nouvelle Droite (on remarquera que le système de défense des intellectuels fascistes ou fascisants est toujours le même : c’est au nom de la liberté d’expression qu’ils propagent des idées réactionnaires ou défendent le droit de certains à les exprimer). La liste des collaborateurs de l’Idiot International est édifiante : Patrick Besson, Marc-Édouard Nabe, Gabriel Matzneff, Jean Dutourd, Michel Déon, Jacques Laurent, Jean Cau, Philippe Sollers, Philippe Muray, Thierry Séchan, Michel Houellebecq, Edouard Limonov, Jacques Vergès, Alain de Benoist, Alain Soral, etc.

La maison d’édition confusionniste La Fabrique de l’ex mao Eric Hazan sera particulièrement mise à l’honneur avec l’invitation, parfois répétée, de plusieurs auteurs comme Mathieu Burnel du Comité Invisible, Frédéric Lordon ou encore Houria Bouteldja.

On retrouve là une pléiade d’écrivains ou d’individus qui se sont signalés par leurs propos réactionnaires ou antisémites, à un moment ou un autre depuis 30 ans, et/ou ont soutenu Milosevic. Quelques jeunes écrivains arrivistes qui sont devenus célèbres ensuite, genre Beigbeder, Nabe ou Houellebecq.

Du côté du média Mélenchonidôlatre, Le Média, Aude Lancelin parle même “d’asile politique” quand le leader de la France Insoumise craignait il y a peu que la loi contre les fake news “Sous prétexte de viser «Russia today» et «Sputnik», tous les sites sont désormais sous la menace d’une interruption décidée par le pouvoir”

Et aussi quelques types « de gauche » comme Marc Cohen (PCF) ou Gilbert Mury (fondateur du PCMLF maoïste).

Daniel Schneidermann de la chaîne à péage Arrêt sur Images et proche de la gauche alter, se fendra lui aussi d’un message compatissant, tout est bien qui finit bien, Frédéric Taddeï s’est fait plein de petits copains “de gauche”!

source antifa, mondialisme.org, Les Enragés, confusionnisme.info