6 février 1934, de sinistre mémoire

 Le soir du 6 février 1934, des milliers de manifestants, en partie armés, marchent sur l’Assemblée nationale à Paris, à l’appel des ligues d’extrême droite. La police contient difficilement la foule, ouvre le feu. Les combats durent une partie de la nuit ; il y aura 2 000 blessés ; on relèvera 16 morts.

Le danger représenté alors par l’extrême droite en 1934 n’est pas imaginaire. Ses différents acteurs – Action française, Jeunesses patriotes, Solidarité française, Francistes, Croix de feu – totalisent plus de 200.000 adhérents. À titre de comparaison, le PCF en aligne alors 30.000 et le PS-SFIO 120.000. L’Union anarchiste communiste révolutionnaire (UACR), elle, compte environ un millier de militants. Les trotskistes de la Ligue communiste, une centaine.

Au final, le bilan du 6 Février est maigre pour l’extrême droite, qui n’est parvenue à faire la démonstration que de ses divisions et de ses hésitations. Mais le contexte de montée du fascisme en Europe va pousser la gauche française à dramatiser les événements, en dénonçant le « complot fasciste » et une tentative de « coup d’État ».

Les plus connues sont l’Action française de Pujo et Maurras, Les Camelots du Roi, Les Jeunesses patriotes de Pierre Taittinger, Solidarité française de Francois Coty, le francisme de Marcel Bucard et les Croix de feu du colonel de la Rocque…

La riposte ouvrière à l’extrême droite

Dès le 7 février, une réunion est convoquée par la CGT pour préparer la riposte. Tous les groupements de gauche et ouvriers, dont la SFIO, la Ligue des droits de l’homme et l’UACR répondent présent – à l’exception du PCF et de son appendice syndical, la CGTU. Une grève générale et une manifestation sont décidées pour le 12 février.

extrait d’un article de Guillaume Davranche