Société: sortir de la conception religieuse et fasciste

 Parler de “finance” et l’opposer à la bonne économie du travail, c’est vouloir perpétuer l’économie basée sur le travail, c’est penser à la fois comme un capitaliste et comme un religieux.

C‘est imaginer une société idéale fonctionnant comme une société Playmobil, réglée comme du papier à musique, une société où chaque jour chacun fait la même chose au sein d’une mécanique impeccable, un monde où le petit postier est content d’être postier, le petit cantonnier content d’être cantonnier, la petite caissière contente d’être caissière, la balayeuse de couloir contente d’être balayeuse de couloir, le cadre d’assurance content d’être cadre d’assurance, dans une société merveilleuse et idéale, dans laquelle tout le monde tient sa place, tient une place, écrite à jamais et existant en dehors de chaque individu.

Une petite ville travaillant sans cesse, au sein d’un ordre figé et immuable. Merveille de la nature, merveille du patronat, merveille divine! Une société où un plombier, ça sert à être plombier, un télévendeur d’opérateur téléphonique sert à être télévendeur d’opérateur téléphonique, toute leur existence, bienheureux et minuscules petits rouages d’une société, d’une communauté devant produire et produire chaque jour d’avantage. Une merveille, tous ces petits playmobils en mouvement, avec chacun son rôle, chacun sa place selon un ordre divin immuable.

Peu importe que vous connaissiez ou pas ce jeu de stratégie, il illustre à merveille la vision religieuse de l’organisation de la société et de son mode de production.

Dans cette société, chacun est à sa place. Le bûcheron coupe du bois, le mineur collecte du minerai, le cueilleur, des baies pendant que le petit paysan s’active dans les champs. Une merveille divine et de la Nature, une mécanique impeccable, qui ne doit jamais s’arrêter.
Une société verticale, figée, où chacun s’active à sa tâche, où la classe haute ne travaille pas, où chaque travailleur doit souffrir et faire son salut dans le temps. Où est la liberté là dedans? La liberté, mais pourquoi faire nom de dieu!

Cette société religieuse, réactionnaire, c’est aussi la société des fascistes, c’est aussi leur modèle de société idéale. Pour eux, les classes sociales sont “naturelles”.

Le fascisme sous des apparences populaires, enclin à reconnaître le prolétariat et sa lutte nie complètement la lutte des classes :

« Le fascisme considère que toutes les classes sociales sont nécessaires et que, au lieu d’être naturellement antagonistes, elles se complètent les unes les autres .Il faut admettre l’inégalité des classes comme des individus, conséquence de l’inégalité naturelle, loi fondamentale de la nature. Comme les roues d’un même rouage d’horlogerie, les différentes classes doivent fonctionner suivant un rythme coordonné, dans un mouvement d’ensemble, suivant un ordre et une harmonie qui assurent l’avancement et le progrès de toute la nation. »

(Manifeste fasciste canadien, 1933).

Le fascisme n’est donc pas un socialisme ou une forme dégénérée de socialisme.

Le fascisme est une idéologie arriérée et métaphysique, pour tout dire antiscientifique.