Le sens de la grève

Nous avons déjà expliqué ce qu’est pour les révolutionnaires le sens de la grève : arrêter la production et la circulation de la valeur. La grève a pour vocation de transformer les territoires et les lieux de la production et de la circulation de capitaux et de marchandises en autant de bastions de l’ordre ouvrier, en zones de non-droit pour le capital, son État et ses agents. L’économie est l’expression du rapport social où dominent les patrons et les rentiers. Pour la bloquer, il faut donc dissoudre dans l’acide de la lutte de classes indépendante ce rapport social. Le « lien social» qui relie le travailleur au capital doit être coupé là où il est le plus fort : l’usine, le bureau, l’entrepôt, partout où ce lien sert directement à créer ou à réaliser la valeur produite par l’ouvrier collectif. Il n’y a pas de blocage de l’économie sans grèves massives, sans une agitation permanente sur les lieux de l’exploitation, sans remise en cause systématique du commandement d’entreprise, sans l’affirmation concrète du pouvoir ouvrier comme rapport social antagonique qui croît sur les cendres du rapport social capitaliste. La démocratie directe des AG bidon, une dégénérescence de la démocratie formelle bourgeoise
Pour faire passer la pilule de l’absence des agitations contre la loi travail de la très grande majorité des travailleurs, les syndicats contestataires et leurs soutiens gauchistes mettent en scène la démocratie directe, espérant, en passant, capitaliser le rejet ambiant de la politique et de ses organisations. Du coup, les AG souveraines fleurissent, de même que les comités de lutte, les coordinations, les promoteurs de convergences horizontales de lutte, etc. En réalité, aucune de ces organisations dites de base n’en est une. Les AG sont fréquentées par les délégués syndicaux et largement désertées par les travailleurs.

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