Stéphane Hessel ou le nouveau parangon des bourreaux du socialisme

«Je me considère en fait comme un veinard, car j’ai le sentiment d’avoir gagné cette guerre, lors de laquelle j’ai été à deux doigts de mourir plusieurs fois : je n’ai pas péri, je m’en suis sorti en relativement bon état, sans avoir rien fait de véritablement héroïque. J’ai agi, mais le mot de héros ne me convient pas : je dirais plutôt que je suis un survivant…
«J’assistais aux séances et j’écoutais ce qu’on disait mais je n’ai pas rédigé la Déclaration [des droits de l’homme de 1948]. J’ai été témoin de cette période exceptionnelle.
Stéphane Hessel
Une honnêteté qui est sans doute venue sur le tard, en tout cas après la canonisation de son vivant. Extraordinaire force de vie que porte ce bonhomme malgré tout, qui n’a certes jamais été le grand résistant que certains entrevoient en lui (il n’a jamais tiré une seule cartouche) mais il fait partie de ces innombrables personnages, quant à eux restés dans l’anonymat le plus parfait, qui, à leur manière, dans leurs minuscules petits gestes, ont permis d’accompagner, depuis Londres comme Hessel, ou ailleurs, la résistance des maquis.
Le choix politique d’Hessel, sans doute innervé par la lignée petite bourgeoise du grand négociant dont il descend, fut bien différent.
Une résistance sans doute, en tout cas majoritairement passée à s’évader et à fuir l’occupant.
Un survivant, assurément.
Cette absence de conscience de la réalité de l’occupation, son absence des combats et des réseaux de résistance de terrain lui firent d’ailleurs déclarer :
«L’occupation allemande était si on la compare par exemple avec l’occupation actuelle de la Palestine par les Israéliens, une occupation relativement inoffensive, abstraction faite d’éléments d’exception comme les incarcérations, les internements et les exécutions, ainsi que le vol d’œuvres d’art.
Au-delà de l’aspect douteux et incongru de la comparaison, ces mots démontrent sans conteste une certaine naïveté du personnage liée au confort dont il a pu bénéficier.
Une carrière confortable à l’ONU, un soutien indéfectible à la « deuxième gauche ” de Rocard, cette gauche catho sociale de compromission avec le patronat puis un soutien à Cohn Bendit et enfin à Hollande, des soutiens cohérents  mais passablement incompréhensibles pour ceux et celles qui ont lu son petit manifeste à succès « Indignez-vous ” (4 millions d’exemplaires) dans la mesure où les hommes politiques sus-cités portent et animent une politique en fort décalage avec les politiques redistributives développées dans son ouvrage.
Peu importe cette vie à l’engagement en demi-teinte, cette grande résistance qui n’en fut pas, cette rédaction de la Déclaration des droits de l’Homme qui n’en fut pas, cela reste un grand humaniste mais surtout le nouveau parangon des bourreaux du socialisme.
Les Enragé-e-s
“Nul ne ment autant qu’un homme indigné”
Nietzsche