Je pense donc je suis pas Charlie

Penser, ce n’est pas reproduire et cloner à l’identique.
Communier n’oblige pas à liquéfier sa pensée.
Le message viral – authentique nez rouge de l’exposition assumée à la niaiserie collective, n’invite pas à penser, il pense déjà pour nous.
Le message n’élève pas l’individu, il le noie dans l’uniformité de sa propre diffusion.
A qui s’adresse ce message à usage unique?
A nos ravisseurs? A nos bourreaux? A l’Humanité? A Dieu? A Pachamama?
Quelle est sa finalité? Défier les terroristes?
S’identifier à un journal que personne n’achetait plus et qui était en grande difficulté financière?
Le “courage” prêté par certains n’était-il pas finalement le naufrage de toute une génération de professionnels de l’impertinence qui s’était totalement perdue en chemin?
Une génération qui avait oublié d’où elle venait, qui s’entêtait, sous la bienveillance de l’Etat et par la grâce de ses multiples entrées dans la presse patronale, à labourer encore et encore jusqu’à épuisement un petit “créneau porteur” et subversif des années 70 et totalement intégré au marché depuis?
Diffuser l’avatar “Je suis Charlie”, ce n’est pas seulement manifester son horreur et sa solidarité, c’est mettre – au moins – un pied dans le piège de l’Union nationale.
C’est faire bloc dans le camp de l’ordre occidental capitaliste en passant par le biais d’une “gauche” social-patriote choisie par la folie de bourreaux qui n’entendent laisser d’autres choix que ceux de l’isolement ou d’une demande de protection auprès de nos geôliers.
C’est surtout se recueillir en s’identifiant à des nuls qui ont été choisis par des fous au nom d’un type qui n’existe pas en réponse à l’exploitation de nos propres maîtres.
 
Les Enragé-e-s
Tu suis Charlie? Je suis Charlot.
 
jepensedoncjesuispascharlie
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