Emmaüs, Une multinationale qui exploite les travailleurs et travailleuses

Emmaüs, Une multinationale qui exploite les travailleurs et travailleuses

Éviter la conflictualité, chercher la paix sociale pour ne pas renverser l’ordre établi dans lequel les pauvres sont condamné-e-s à accepter les miettes concédées par une bourgeoisie en quête de supplément d’âme, c’est sur ce principe même qu’Emmaüs a été créé au début des années 50 par l’abbé Pierre qui fut également député du MRP (mouvement républicain et populaire) en Meurthe-et-Moselle. Les médias ont toujours été discrets sur les réactions hyper réactionnaires du bon curé contre les grandes grèves de cheminots, mineurs et surtout de fonctionnaires dénoncé-e-s par lui comme des nanti-e-s, voire des fainéant-e-s, les opposant aux « vrais et bons pauvres », les sans-logis.

En faisant appel à des valeurs telles que la rédemption par le travail, la bonté et le pardon, l’abbé Pierre organise ainsi les couches les plus défavorisées des classes populaires sur des bases autres que révolutionnaires. Au début des années 50, le mouvement Emmaüs participe à transformer en mendiant-e-s, un mouvement de personnes auto-organisées prêtes à défendre armes à la main les logements vides qu’elles squattaient. En effet, en 1945, le Conseil National de la Résistance avait autorisé la réquisition de logements vacants et dans plusieurs villes de France, des milliers de personnes occupaient des immeubles et diverses habitations. Comme toujours, il s’agit d’éviter que se propage un mouvement dans lequel les classes sociales défavorisées prennent leurs affaires en main et de faire en sorte qu’elles trouvent dans l’organisation d’une survie moins misérable les raisons de ne pas se révolter, de patienter pour une hypothétique vie meilleure…

L’abbé Pierre inaugure la Cité de la Joie le 30 avril 1954 au Plessis-Trévise accompagné du ministre du Logement Maurice Lemaire.

Ce sont ces mêmes dynamiques qui ont été mises en œuvre en 1987 dans la lutte du comité des mal-logés : plutôt que de laisser prendre de l’ampleur à un mouvement de réquisition des HLM, Emmaüs a par exemple tenté de convaincre les familles d’occuper des lieux inadaptés dans lesquels personne ne peut vivre, comme par exemple un hôpital désaffecté, plutôt que de prendre des logements dignes de ce nom.