France Grand Tour: la silicon vélo à la française

Salut JC, tu es le fondateur historique du collectif Les Enragés et tu es celui qui a rédigé le projet “France Grand Tour”, peux-tu nous en dire d’avantage?

Disons que ce projet est une réponse progressiste imaginée directement depuis notre page facebook, page qui a disparu depuis de ce réseau commercial à la suite d'une énième attaque de ce que l'on nomme la "fachosphère" ou en tout cas de ce qu'il en reste, et qui sont parvenus à nous la faire censurer.  L'animation quotidienne de cette page depuis le 13 février 2013 m'a contraint à travailler une certaine vivacité d'esprit, tout simplement au but de pouvoir me consacrer à tout le reste, qui est assez chronophage. Ce projet est donc une réponse du tac au tac à la plus grave attaque fasciste qu'ait connu le pays depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Il a été rédigé en avril 2019. A cette date, cette terrible contre-révolution protofasciste n'avait pas encore été stoppée. Ce n'est pas forcément le projet que j'aurais rédigé dans un contexte historique plus favorable. France Grand Tour prend en compte la masse des conséquences négatives qu'a et que va produire le Gilet, qui n'a pas fini de délivrer ses petits cadeaux. Il est même à craindre que celles-ci puissent perdurer pendant des années, en tout cas dans les régions les moins libérales, en l'absence de poussée sociale conséquente ou de contre-modèles crédibles. Ce n'est pas un projet que j'ai réfléchi, il est le produit direct d'un affrontement idéologique qui a couru pendant des années sur les réseaux commerciaux dits "sociaux".  Ce projet a pour but de rouvrir les imaginaires face à cette terrible lame réactionnaire qui a emporté bien des têtes et qui a créé un certain désespoir chez beaucoup.

Comment as-tu concrètement procédé pour l’élaborer?

Je n'ai strictement rien fait. Je suis parti de zéro sans base de réflexion préalable, il s'agit de pur brainstorming avec l'objectif, pour reprendre une métaphore sportive, de faire un smash gagnant au but de marquer le point en fin de partie longue et éprouvante. Une sorte de force mentale qui a eu pour but, dans l'instant, de renvoyer dans leurs cordes, toutes les petites gargouilles ayant œuvré à un sabotage d'ampleur des pratiques démocratiques et républicaines minimales.

En combien de temps l’as-tu imaginé?

Je m'étais fixé trente minutes mais j'ai rendu ma copie avec neuf minutes de retard, donc trente-neuf minutes en tout depuis une page blanche.

Pourquoi sortir maintenant, en plein été 2020, ce projet sur le site?

Le slogan de la page et de notre site est "Plutôt la Vie". Ce projet ne devra pas, si un jour il devait être appliqué, l'être à la lettre. Il s'agit d'avantage d'une boite à idées dans laquelle la Macronie et les partis de gauche pourront puiser à loisir. Si ce projet ne suscite aucune envie au niveau national, une région de gauche est parfaitement en capacité de le mettre en route, en modèle réduit.  Mais en tout état de cause, la pandémie et sa rémanence empêchent concrètement sa mise en route. France Grand Tour s'adresse d'avantage à la phase post-COVID, même si hélas, il y a des chances que l'on recouvre une phase de confinement à la rentrée 2020. Espérons que non. Ce projet doit a minima redonner de l'espoir et de l'envie de vivre ensemble, stimuler les imaginaires en douceur et bien faire prendre conscience à tous que le Futur peut être meilleur qu'aujourd'hui et non pire. Il a pour but de briser ce cycle infernal de sinistrose, de redonner foi en l'Humain, au progrès et en l'avenir.

Le produit original de ta réflexion va être publié ici-bas sans qu’un seul mot ne soit retouché, si tu devais en modifier certains aspects, quels en seraient-ils?

Quasiment tout! Non, c'est une boutade. Disons qu'au moins deux aspects évoqués sont déjà soit obsolètes soit inutiles avec les derniers gains technologiques établis. Tout va très vite et les bonnes idées, en apparence en tout cas, ne le restent jamais très longtemps dans un monde en pleine mutation. Je pense que j'aurais conçu un projet d'avantage pro-féministe et offrant d'avantage la parole aux enfants. Mais ce projet n'a pas pour but d'être mis en route à l'identique. Il s'agit d'une simple base de réflexion qui, je l'espère, produira chez nos lecteurs une cascade d'idées et de propositions consécutives au but de l'enrichir et pourquoi pas, de faire aboutir tout autre chose. Rien n'est écrit à l'avance, il s'agit juste d'un petit exercice sur lequel toutes les bonnes volontés et toutes celles et ceux qui ont envie de vivre pourront se greffer, le projet a été pensé pour être très évolutif.

France Grand Tour, la silicon vélo à la française

 

Il est 23h05, une série de commentaires écrits en improvisation totale et sans filet. Une récréation et une tangente pour réconcilier la bourgeoisie libérale soutenant Macron avec les petits LFI d’Ariège. Détruire l’altermondialisme, c’est bien. Mais ne pas le remplacer par autre chose, ça craint. Ca craint pas dans l’absolu, ça craint sur un réseau religieux infra-politique. Il n’est pas possible de détruire quelque chose sans y mettre autre chose à la place. Ce n’est pas comme ça que ça marche.

Quel projet va voir le jour en trente minutes? Aucune idée mais ce genre de truc ne vaut pas d’y passer plus de trente minutes, pour 500€ par mois, c’est largement suffisant.

Français, françaises, corréziens, corréziennes, kanaks, kanaks, corses, corses

Ca pourrait commencer comme ça, c’est plutôt rigolo ça, si Macron n’en veut pas, il faudra l’imposer au candidat de gauche qui lui succèdera.

Les altéreux aiment le vélo, les fils à papa écolos ne cessent de trépigner sur leur vélo retapé dans un garage à vélo alternatif, avec du thé kokopelli “militant” et hurlent à la planète entière, avec leurs petites lunettes rondes et précieuses, un Vélorution! Très bien, alors on va partir sur ça. C’est parti.

Il nous faut déjà un nom, il est tout trouvé, ce sera:

France Grand Tour.

FGT, ça tape, il y a moyen de faire un très joli logo avec ça. Un petit côté nationaliste qui déplaira pas à certains, ça c’est certain!

Alors imaginez 15.000 kilomètres de pistes cyclables transitant hors du monde de la ville et de la route, pas une seule voiture ne souille le paysage, nulle part. Pistes cyclables suspendues, pistes cyclables enterrées et surtout, pistes cyclables dédoublées. A sens unique. Parfois sur quelques centaines de mètres, parfois sur des dizaines et des dizaines de kilomètres de sorte que le paysage à l’aller ne soit pas du tout le même qu’au retour et qu’il tienne compte de la topographie des lieus.

L’engin capable de couler de la piste cyclable possèderait des roues géantes et une dameuse en son milieu, serait capable à la fois de défricher, de damer, de poser la fibre optique et des capteurs électromagnétiques sous une piste qui ne serait pas composée de goudron mais de rebus de l’industrie sylvicole mêlés à des formes de résines naturelles, que la piste soit souple, qu’elle ne se craquelle pas, qu’elle ne chauffe pas en cas de chute, qu’elle possède une durée de vie de vingt ans au moins. Pares-feu partout autour.

Un vrai tour de France et un tourisme qui se redéploie sur tout un chacun et non sur les seuls possédants, des cadres, les professions intermédiaires et l’aristocratie ouvrière. L’idée est de faire venir plusieurs millions d’ouvriers et d’employés du monde entier, sur du seul déplacement à vélo.

ATTENTION: Toute la piste, y compris celle qui consistera à relier la France à l’Italie par une piste suspendue au dessus de la mer, sera entièrement praticable et étudiées pour les personnes à mobilité réduite, les personnes âgées.

L’idée est de mobiliser des véhicules électriques guidés à la fois par GPS et par ondes électromagnétiques. Sur les phases de piste avec croisement, des voies de garage. La navette la plus proche de la voie de dégagement se range automatiquement et laisse passer celle qu’elle croise. Voilà le principe. A l’arrière de chaque coque composite, des véhicules individuels qui font petit train, capables de s’aimanter entre elles en un rien de temps pour s’adapter au nombre de passagers. Sur chaque véhicule, des webcam filmant en temps réel. A l’autre bout du monde, toute personne connectée peut se promener dans un monde à la fois réel et à la fois entièrement numérisé qui fera passer Google Street View pour un truc pixellisé et fade. Cette production numérique se monétise en concessions forfaitaires et non scellées sur plusieurs décennies. Tout est exploitable par des producteurs d’image de synthèse. Une résolution jamais atteinte en true color et un programme global anonymisant chaque utilisateur à velo en reprenant le relais sur de la synthèse. Basculement permanent entre les deux. Au sein de tout ce France Grand Tour, tout est numérisé, les arbres poussent, les fleurs se dévoilent à chaque saison. Dans le réel et dans le virtuel. En même temps et en communion totale effectuée dans le sens d’une protection totale de la vie privée de chacun.

Le sites archéologiques dégagés sont filmés en 3D, recouverts et disponibles, dans la version fouillée et à la fois dans la version numérique reconstituée, le bâtiment montre d’abord ses fondations historiques puis s’élève de ses murs et l’on peut entrer et visiter le bâtiment, tout site reconstitué en collaboration active avec la DRAC. On crée quatre régions universitaires que l’on met en concurrence. Et on les éclate tout au long de cette piste. Qui va permettre, entre autre, au but de désengorger les hauts lieux touristiques, de créer plusieurs villes nouvelles autogérées.

Des villes nouvelles conçues non pas par un seul cabinet d’architecte mais par des pools d’architectes travaillant pour la première fois, de façon totalement horizontale, depuis le monde entier.

Pour affronter la Silicon Valley, nous allons créer la Silicon Vélo.

Villes élaborées par des artistes venant du monde entier et par et pour les migrants, qui pourront ainsi librement circuler, à vélo puisqu’ils auront un pass vélo.

Des villes entièrement gérées par et pour les femmes. Chaque femme étant en couple avec un homme susceptible de commettre des violences pourra s’extirper de son environnement en moins de huit heures grand maximum. Un code débloquera un train et une navette jusqu’à la piste, jusqu’aux villes de femmes où là, elles pourront se reconstruire en ayant une vie parfaitement normale, avec un soin et un soutien qui sera discret et intégré à des structures associatives. Accéder à une socialisation de façon quasi immédiate. Un logement meublé prêt à l’emploi. Des distributeurs de nourriture gratuite à toute heure de la journée. Il sera aussi possible de déclencher des bornes dans la rue ou en campagne, pour avoir une interlocutrice à toute heure et débloquer le même programme d’exfiltration de milieux violents.

Dans cette ville, une piste Nord, une piste Sud. Toute femme pourra aller explorer quand elle le voudra sa nouvelle liberté et sa nouvelle vie dans les villes voisines.

Cela passe par un regroupement important des petites localités et de nombreuses villes nouvelles de 1500 à 50.000 habitants, entièrement pensées dans une redistribution égalitaire de l’énergie.

Cela passe par la semaine de 24 heures, 50 à 100 milliards pour les associations chargées de l’émancipation des femmes.

Du droit direct sur la réfection de deux millions de sanitaires; Les artisans vont trouver là des chantiers sûrs et garantis qui leur permettront de refaire la douche de nombreuses personnes âgées, d’améliorer leur quotidien et de revaloriser l’habitat global. L’Etat n’intervient pas en premier recours, il chapeaute mais tout repose sur les associations, qui savent et sauront mieux gérer leurs ressources.

On socialise le marché de l’occasion.

On crée des relais vélo partout, des concerts partout, des arts mouvants partout, chaque nouveau kilomètre parcouru sera une nouvelle merveille à découvrir.

Le lancement se fera en grande pompe à la première étape du Tour de France 2025, les coureurs parcourront quelques kilomètres de la piste façon Paris-Roubais.

Entre 6 et 8 voyages scolaires pour tous les enfants tous les ans. Le voyage commence à 5 kilomètres de son lieu d’habitation. La piste sera fortement chargée en sports nouveaux, en arts nouveaux, en “alternatiiiiiives” (ça, ça va leur plaire aux altéreux), les couples et les mères auront ainsi du temps pour vivre leur amour et chaque femme pourra vivre sa vie de femme, partir sur la piste avec des copines.

Des Duty free Chanel pour un petit souvenir, du produit de luxe créé dans la conception qui sera celle de l’objet au sein de la phase post capitaliste, de l’objet solide, beau, durable, avec une puce ou un code pour pouvoir vérifier immédiatement en un clic, s’il ne s’agit pas d’un produit contrefait.

Une augmentation considérable du tourisme en France, sans que cela impacte le littoral. 250 kilomètres de littoral supplémentaires ouverts, pour revenir à un camping convivial, solidaire, ouvrier.

Oups, il est 23h44, mais c’est bon, le capitalisme français est sauvé!

Ajout de 00h06

Personne à moins de 1500€, gratuité totale pour tous les migrants.

A l’arrière de chaque navette électrique en matériaux composites, un airbag “fleur”, non pas un airbag qui punche mais un airbag protégeant une éventuelle panne de frein arrivant de l’arrière. Un airbag qui ouvre et referme sur celui qui entre en contact avec la navette. Une navette capable de s’arrêter automatiquement à chaque obstacle et de détecter tout animal ou tout animal dangereux.

Légalisation du cannabis, la France devient le premier producteur d’Europe. Des coffee et des social clubs installés tout au long de la piste, des free, des resto sociaux autogérés où il n’y a plus de cuisine en retrait, la cuisine est au milieu et tout le monde peut participer; La fourniture de roulottes électriques restaurant avec respect d’hygiène à 100% construites en production lourde, pour l’export.

Mise en construction de petits barrages au but de créer des plans d’eau, sports nautiques, boites de nuit gratuites, toutes les nationalités au monde qui font la fête et qui mangent ensemble. Le France Grand Tour se dégustera sur le menu sur un écran, dans des films, des jeux vidéo, toujours des concessions unitaires et forfaitaires mais aussi dans le réel.

Il sera laïque et rationaliste, non violent, tolérant et créatif, poétique, vivifiant, magique, ouvert sur le monde. Fermeture de nombreuses prisons, abrogation de la loi Debré, fermeture des écoles fascisantes hors contrat. Egalité salariale parfaite homme femme. Le caritatif existe toujours mais tout le monde peut désormais choisir une nourriture dont le prix tient compte du coût énergétique, de l’eau engagée, des dégâts sanitaires. On ne fait pas confiance aux paysans en biodynamie d’Ariège pour nourrir tout le monde, on fait confiance aux entrepreneurs agriculteurs de la Beauce et de la Brie pour ce faire. On cesse d’agiter les peurs du Moyen Age concernant les OGM et les herbicides.

Ceux qui le font pourront aller se péter le dos à aller désherber.

L’idée de retraite est terminée, on met en place des impôts sauvages sur tout ce qui possède du patrimoine, de l’or, du luxe. Soins gratuits pour tous, y compris en Guyane où l’on étend l’accueil des sud américains sans soin avec de nouvelles structures encore plus modernes. Soins dentaires de qualité et lunettes pris en charge à 100% Socialisation des mutualistes. Aflelou se casse aux USA en basquets et en jean pour vivre son rêve américain. On mise tout sur l’individu et non plus sur les structures de domination qu’agite la gauche sans grandeur d’âme et étatique. On part dans la voie inverse du capitalisme municipal, on s’extrait de cette vision qui enferme à vie les femmes de laquelle elles ne pourront jamais entrevoir la liberté réelle. Le droit est universel. Le vote aussi, non engoncé sur un lieu de production ou de reproduction. On prend de nouveau le temps de vivre, de savoir qui l’on est, d’aller à la rencontre des autres. On fait le tour du monde à vélo. Le monde se conçoit désormais comme sa représentation numériquement reliée. Nous ne sommes pas des êtres statiques. Notre vie n’est enracinée nulle part, à part pour ceux qui le souhaitent, œuf corse!

Ajout du 4 septembre 2019, toujours en mode brainstorming (2×25 minutes)

 

France Grand Tour est d’avantage qu’un gigantesque catalogue de Tour Opérator. Il est d’avantage que la plus grande école à ciel ouvert connectée jamais imaginée par l’humanité. Il n’est pas seulement la première tentative au monde d’un mode de gestion coopératif et international, autogéré comme une zone administrée française et dotée de députés élus venant du monde entier, intégrés à l’Assemblée nationale. France Grand Tour est d’avantage qu’un programme culturel international de grande ampleur consistant à fournir des contrats à des artistes itinérants sur l’ensemble de la grande boucle cyclable et débordant largement au sein de tous les déserts culturels du territoire. Il n’est pas seulement la matérialisation de la volonté d’une démocratisation non pas d’un tourisme de masse mais d’un voyage de masse. Il n’est pas seulement la plus grande boutique transparente de la planète dans laquelle il est possible partout et à toute heure, de récupérer souvenirs et découverte, sans argent et sans avoir à transporter avec soi le reste du voyage, ce petit trésor mais en ayant la possibilité de l’ouvrir une fois revenu dans son petit chez soi. Ce n’est pas seulement le moyen de multiplier par deux ou par trois la durée moyenne du tourisme du résident étranger en France. Ce n’est pas seulement l’opportunité d’investir in vivo une partie des deux milliards et demi destinés par Macron à l’intelligence artificielle. Ce n’est pas seulement la possibilité de créer de nouvelles modélisations économiques fonctionnant sur des paradigmes radicalement différents sur la base du ruban de piste cyclable. Ce n’est pas seulement le moyen d’offrir une nouvelle mobilité et de nouvelles perspectives de savoir et de découvertes, à des publics à mobilité réduite par un développement sans précédent de petits véhicules connectés. Ce n’est pas non plus seulement un moyen de créer une explosion culturelle et d’inventions qui ne pourront qu’en produire d’autres par les dynamiques d’appels d’air des jeunesses et des classes laborieuses du monde entier. Ce n’est pas seulement la possibilité pour des individus appartenant aux classes supérieures et hautes du monde entier, de revenir à des modes d’exploration sociale et touristique où ils peuvent se fondre au sein d’une humanité en constitution équipés comme tout un chacun, d’un simple vélo et d’un écran leur servant de guide en toute langue sur le guidon. Ce n’est pas seulement la possibilité de recréer des petites villes à thèmes éphémères, le temps de la durée de concessions limitées dans le temps. Ce n’est pas seulement la possibilité d’offrir à des millions de jeunes femmes des cités et des campagnes des débouchés permettant d’échapper au contrôle de l’espace, de leur corps et à la violence des hommes, ce n’est pas seulement un cadre d’étude connecté mettant à la fois en concurrence et en coopération des collèges d’universités des grandes régions de France, ce n’est pas seulement le moyen d’impliquer des individus très différents dans un projet multipolaire dont la richesse et la réussite dépend précisément de la diversité des individus qui vont l’animer, ce n’est pas seulement pour le tourisme local, la possibilité d’élargir fortement la durée de période d’accueil, ce n’est pas seulement pour les petits producteurs, l’assurance de pouvoir trouver des débouchés maraîchers et agricoles avec un afflux canalisé et sûr, ce n’est pas seulement pour les saisonniers la possibilité de faire des saisons de six mois sans stress, ce n’est pas seulement la possibilité pour de nombreux français expatriés d’ouvrir des petites activités identiques, également pieds nus, avec une légèreté totale et une paperasse réduite à son strict minimum, ce n’est pas seulement la possibilité pour des chefs étoilés de laisser leur établissement le temps de six mois et partir sur la route, à vélo, à la rencontre de chefs de dizaines et de dizaines de nationalités qui seront eux aussi sur le France Grand Tour, ce n’est pas seulement la possibilité pour des tatoueurs de grouper des salons le temps de la piste en association avec des maîtres qu’ils auront fait venir l’espace de six mois de l’autre bout du monde, ce n’est pas seulement la possibilité pour Carambar de construire à côté de la piste, une usine steam punk en cuivre, avec dégustation immédiate et commande livrée à domicile, ce n’est pas seulement la possibilité pour des musiciens qui galèrent à trouver des dates, de faire le tour de France à vélo avec une incroyable découverte tous les dix kilomètres, ce n’est pas seulement la plus grande exposition de fleurs et de plantes du monde à travers laquelle nous allons passer à vélo, ce ne sont pas seulement des hameaux et des villages espacés qui vont pouvoir être réunis au but de créer des petites villes nouvelles de 5000 à 50.000 habitants, ce n’est pas seulement un projet dont la publicité pourra être boostée chaque année par le Tour de France, ce n’est pas seulement, pour la première fois, la possibilité pour la famille d’un couple d’ouvriers chinois, de visualiser en temps réel, depuis le vélo, avec la fibre optique sous la piste et en bluethooth/5G, la totalité de leur voyage s’ils le désirent, avec la possibilité, pour eux aussi, d’interagir sur le réel et de commander, avec livraison rapide à domicile, la plupart des douceurs technologiques et autres souvenirs se dégustant ou pas, ce n’est pas non plus seulement une libération sans précédent de l’imagination, avec par exemple une piste sortant d’un tunnel qui s’avère être le trou d’une souris façon cartoon menant à une cuisine de ciment peint géante rendant à l’état de liliputiens la famille en visite dans ce département où généralement, il ne se passe rien.

 C’est à facebook que nous allons faire appel [NDLR ou pas, des états francophones peuvent parfaitement mettre en place, en partenariat avec des entreprises innovantes, un réseau international francophone] et non à Google, pour plusieurs raisons, notamment deux, l’implantation mobile de facebook et son porte-monnaie électronique à venir. Au vélo Google, nous pouvons opposer un vélo équipé d’un module à l’avant, soit loué avec écran, soit avec adaptateur permettant de fixer son smartphone. Ce vélo, possédant une balise, ouvrira gratuitement à quantité d‘espaces et de restaurations. Pour un ouvrier du monde entier, passer trois semaines en France à vélo avec sa famille reviendra au même prix que de passer six jours dans une structure hôtelière. Le Grand Tour sera découpé en grand modules. Les prix seront raccordés au niveau de saturation de la piste ou plutôt des pistes puisque non seulement elles seront phosphorescentes, éclairées, connectées, mais elles se détripleront souvent, avec une piste principale, une piste scolaires/exploration du patrimoine et une piste sportive, sans oublier bien évidemment, des pistes VTT parallèles et une ouverture la nuit, des horaires d’activités, concerts et autres qui seront, eux aussi, organisés démocratiquement ou improvisés et l’ensemble du réseau agira pour que le réseau ne soit pas saturé nulle part. Plus on sera proche d’un coin saturé, plus l’entrée sur le réseau sera chère, plus elle sera faite dans des coins du Grand Tour peu fréquentés où dont la fréquentation doit augmenter, moins l’entrée sera chère. Piste verte, piste jaune, piste bleue. Un seul sens à chaque fois, pas de croisement le plus souvent sauf à la réunification de la piste à l’entrée d’une ville. Les dessins des pistes seront étudiés pour à la fois réduire les efforts musculaires en privilégiant la légère descente ou le plat. La qualité d’école à ciel ouvert nécessite que France Grand Tour soit totalement débarrassé de toute voiture et idéalement, de tout bruit de voiture.

Nous sommes début janvier et trois unités scolaires, de 24 élèves chacune, toutes situées à plusieurs centaines de kilomètres les unes des autres, ont démocratiquement décidé du projet commun qui allait animer les deux mois qui vont suivre. Le tronçon de 120 kilomètres a été choisi pour plusieurs raisons croisées. L’hébergement choisi et réservé sur le réseau interne du Grand Tour permet en quelques clics à l’enseignant d’organiser ces quinze jours avec une facilité déconcertante et s’appuyant sur un déploiement de logistique à la fois interne et externe à l’éducation nationale. Il y aura douze élèves qui partiront sur place, les douze autres resteront en classe. Les douze élèves seront accompagnés de deux enseignants et d’au moins deux parents. Ces deux parents vont, dans le cadre du revenu universel, pouvoir bloquer ces quinze jours en plein temps scolaire tout en continuant à recevoir des ressources. Quatre parents peuvent parfaitement accompagner le groupe, eux aussi avec le revenu universel en s’engageant sur une semaine d’accompagnement et en gardant pour soi, une semaine du Grand Tour. L’enseignant peut lui aussi, grâce au personnel formé sur place, se bloquer un ou plusieurs jours au coeur du périple, car il a repéré sur le parcours, une ville éphémère de 2000 habitants, recréant à l’identique le quartier d’une ville de 1964! Avec sas d’entrée fournissant maquillages et costumes! L’un des parents, c’est le fantastique circuit de VTT qu’il vise sur la semaine où il sera en off, c’est-à-dire qu’il parcourra le Grand Tour au grès de ses découvertes, ses rencontres mais aussi ses centres d’intérêt.

Oui, parce que ce vélo loué et équipé d’un écran, il ne se loue pas partout sur le tour, il y a des points d’entrée bien précis. Ces garages à vélo sont enterrés. Les vélos disposent d’une balise donnant une précision proche du centimètre grâce à la fibre optique enterrée sous la piste et les nombreux capteurs installés partout. Il y a un triangle clignotant immense sous l’écran. Un simple capteur digital d’empreinte qui permet de débloquer l’usage du vélo. Quand on présente le vélo face à la borne du garage, le capteur dans la roue avant permet de systématiquement positionner la roue avant sur le même axe. Le vélo est avalé par la machine et part sous terre. La machine vérifie la pression des pneus et recharge la batterie intégrée des vélos. Ces vélos sont capables de se mettre à freiner tout seul s’ils se présentent à haute vitesse sur un autre vélo ou module électrique lui aussi équipé de capteurs. Le vélo présente également un fumigène de secours visible à 20 kilomètres ainsi qu’une alarme stridente.Pour récupérer le vélo, les adultes mettent le doigt sur l’écran, les enfants présentent leur montre, qui offre à la fois une certaine autonomie décisionnelle aux enfants mais qui permet aussi à l’enseignant de refermer provisoirement toute autonomie. Le vélo ouvre ces immenses villes colonies de vacances, ouvre les portes ou délivre la clé de dortoirs et chambres individuelles. Les toilettes sont équipées de capteurs et de jets à pression et de désinfectant. Les élèves gardent le même duvet dans le sac à bagage, ultra moderne qui s’adapte à la température de la pièce et qui est simplement jeté dans une machine au matin. Rendre les clés permet de récupérer son vélo. Le vélo permet d’aller se restaurer gratuitement à un kilomètre de là. La piste est longée d’éoliennes et de panneaux solaires. Les douze enfants sont filmés en permanence et leurs visages sont échangés contre de faux visages, seuls ceux qui appartiennent à ce projet peuvent voir les visages. Des caméras numériques sont installées tout au long de la piste. L’enseignant resté en classe avec les douze autres élèves peut allumer un écran derrière le dos des élèves et surveiller en temps réel la progression des douze élèves sur place. Un élève en classe peut servir d’éclaireur et guider depuis le ciel grâce à un drone, la progression du groupe sur place à la recherche d’un lieu-dit bien particulier évoqué en classe.Sur place, un éclaireur peut porter le casque caméra qui permet à un réalisateur intelligent piloté informatiquement, de zapper d’une caméra à l’autre pour en faire un reportage en direct parfaitement exploitable et avec des ping pong permanents et à loisir en fonction du direct, entre les enseignants sur place et ceux en classe, entre les élèves en classe et sur place. Puis la prochaine fois, on change, bien sûr! Puis les voilà arrivés sur des thermes romains qui ont été mis à jour à deux kilomètres de la piste du Grand Tour. Grâce aux tablettes que chaque enfant a décochées des vélos, les enfants peuvent voir en temps réel surgir en 3D la reconstitution des thermes, en orientant la tablette et en réalité augmentée. L’enseignant sur place peut basculer la retransmission de façon à ce qu’elle soit statique, qu’elle soit traversée de présentations culturelles et historiques locales alimentées en temps réel par des collèges d’étudiants en informatique et en Histoire et une fois sur place, prolonger l’enseignement en créant des allers-retours entre phases d’enseignement, recherche d’information et dialogues d’élèves investis au sein du même projet. Avec un jeu de zooms intenses des caméras à 360° installées partout en hauteur et à ras du sol, le périple peut se retransmettre comme un film, en direct et en temps réel, que peuvent suivre cette fois tous les parents. Le lendemain, l’enseignant, à son initiative ou parce que cela relève de quelque circulaire, a choisi de participer à un grand chantier le long de la piste sur la gestion de l’eau et le rapport à la pénurie d’eau. Sur place, les enfants vont rejoindre des chercheurs d’une université dépêchés sur place. Ce lieu aride et inhospitalier doit accueillir d’ici cinq ans une ville de cinq mille habitants, en coopération avec une université du Sénégal.

Les gares sont réaménagées au but d’accueillir en grande quantité des scolaires avec des wagons et personnels dédiés. La gare routière des vélos s’arrête à 10 minutes en rase campagne de cette petite ville. Une fois les vélos vérifiés et renvoyés sous terre, les enfants et les accompagnants montent dans un bus électrique. Vingt minutes de route. Trois heures de train à grande vitesse lui aussi relié au Grand Tour. Cela permet d’utiliser ces trois heures pour continuer les projets en cours. Au retour, l’enseignant repart trois semaines avec sa femme. Elle est salariée dans le privé et depuis le passage aux 24 heures hebdomadaires, ça a changé sa vie. Grâce au revenu universel, elle est prioritaire pour poser ces trois semaines dans sa boite, même si les enfants sont grands. Ils vont faire un tronçon de 350 kilomètres du Grand Tour. Et y retrouver des amis, un couple de salariés dans l’associatif. Eux aussi, ils sont aux 24 heures. Et sur ces 24 heures, ils peuvent prendre des jours en plus, grâce au revenu universel, ils n’ont aucun stress à avoir, jamais. Le parcours, ce sera détente, sports extrêmes, participation à un chantier d’isolation, un programme pour accueillir des personnes âgées à mobilité réduite dans une ville nouvelle, permettre d’avoir une vie normale en rez de chaussée avec un tout sur place et des implications avec des modules éducatifs proposés. Ils vont s’occuper d’isoler 80 logements. Ils se sont engagés pour quatre jours car ils aiment bien toujours avoir des activités. L’un des deux autres y va pour ce tout nouveau tunnel de 3 kilomètres entièrement couvert d’un nouveau matériau qui projette une image sur des centaines de mètres. Le tunnel est sonorisé et il peut aussi diffuser des odeurs.

Sur un passage, il peut vous emmener en Provence et passer au milieu d’un champ de lavande, au beau milieu du Limousin, dans un endroit uniquement accessible à vélo, comme la totalité du Grand Tour! Et à dix kilomètres, ils ont refait une forêt équatoriale. Juste avant le billard géant, changeant les vélos en lilliputiens puis cette descente à vélo, consistant à dévaler un flipper géant, avec des obstacles gonflables qui annonce un musée deux kilomètres plus loin, avec des vieux billards, flippers et autres jeux antiques. Une surprise majeure tous les dix kilomètres dans des endroits où personne ne va jamais. Une surprise ou un joli détour à faire tous les kilomètres. Une plateforme tournante de la création, des arts, du Savoir, des nouvelles technologies. Un Erasmus pour les enfants qui ne font jamais Erasmus. Un centre-ville désirable pour des millions d’enfants à qui l’on destine une privation à vie de l’esprit centre-ville. Une invitation à lâcher la ferme familiale comme l’écran en faisant du vélo près de la ferme avec un écran. Un projet politico-éducatif qui est un gigantesque voyage de fin d’année permanent. Un projet qui signe un départ possible de grandes vacances pour les femmes. Un projet qui fait les mollets.

3×8 ou 4×6

Laissées au libre choix consenties, cela fait des blocs de journées non travaillées qui font basculer dans le sens de celles-ci l’organisation de la semaine.
Dans le cadre d’un revenu universel débloquant un autre rapport au déplacement et à la sédentarité, au temps scolaire, avec priorité de choix pour les femmes (3×8 ou 4×6) cela peut faire baisser rapidement de plusieurs crans le degré de pression réactionnaire entretenue par toute l’industrie capitaliste dans son ensemble sur la phase de développement actuel qui est le sien. Cela peut participer à offrir du temps aux hommes au but de partager les fonctions domestiques et éducatives. En tout cas, cela permet à certaines femmes de l’imposer sans qu’elle aient à le faire elles-mêmes. On demande beaucoup à l’école, souvent beaucoup trop. On lui demande de changer une société dont elle n’est que la serre éducative. En revanche, la nature de notre temps scolaire pourrait peut-être améliorer la vie des femmes en décloisonnant l’école et en lui rendant l’itinérance que nécessite l’intégration objective de l’usage des nouvelles technologies dans une dynamique de savoir, de coopération et d’ouverture sur le monde.

Avec une relance massive depuis les associations, il y a possibilité de confier à des associations de femmes la gestion de parcs immobiliers. Que trois copines, l’une dans le privé, l’autre dans le public, l’autre dans l’associatif, soient prioritaires, n’excluant du dispositif légal aucun homme, bien évidemment, puis décider au cœur du temps scolaire de partir trois semaines, en étant toujours payées car elles et ils seront toujours à disposition, toute leur vie, de ressources, sous cette forme ou sous une autre, quand elle aura été élaborée scientifiquement et démocratiquement, pas forcément de manière centralisée, bien au contraire. Des modules. Des nouvelles molécules permettant une réappropriation de leur temps par les femmes sur des sphères d’activités et des manières de s’associer nouvelles, un terreau qui échappera à la fois à la gestion de l’Etat et du privé.

Pour nous soutenir et assurer notre indépendance de ton et d’esprit, c’est ici, cela ne prend qu’une minute.

A mon père.

France_Grand_Tour addendum: la vidéo censurée