Lettre ouverte aux élus qui vont légaliser le cannabis en France

Ce texte pamphlétaire fait suite à la démarche de ces élus courageux qui ont enfin décidé de prendre à bras le corps cette question qui reste en suspend depuis trop longtemps dans notre pays.

Pour une approche républicaine, libertaire et féministe de la légalisation du cannabis

 

Oui et c’est urgent!

L’argument de François Pupponi évoqué dans cet article, qui, quant à lui, s’oppose à la légalisation, est grotesque et méconnaît totalement la réalité de terrain.

Il y a 100.000 petits dealers en France et une bonne part d’entre-eux, sèment un chaos social quasi quotidien au sein du reste de la population. Cet individu, au but d’affronter la crise économique, entend maintenir cette rente dans les mains d’une poignée de français au détriment de l’immense majorité, qui ne revend pas du cannabis. Il s’agit d’un argument fallacieux totalement hors sol.

Car la prohibition, c’est chaque année en France des arnaques en tout genre, des agressions physiques, ce sont aussi des jeunes femmes qui se prostituent pour obtenir un peu de cannabis, c’est aussi et surtout de l’argent facile qui pourrit littéralement la vie et les quartiers, à commencer par la vie des femmes, en entretenant un climat de violence qui, quant à lui, peut aussi participer à faire enfler la xénophobie. Chaque année, des dizaines de milliers de français se font agresser, menacer, insulter par ces petits caïds qui rejouent sans fin les scènes de la sous-culture “gangsta rap” à mi-chemin entre Scarface et GTA.

Chaque année, des milliers d’appartements sont cambriolés au but de voler du cannabis cultivé et l’écrasante majorité de ces méfaits ne sont jamais signalés à la Police. Le maintien du monopole de la revente de cannabis, dans certaines régions de France, dans les mains de certains individus appartenant notamment à des communautés ciblées, entretient et renforce le racisme. A l’heure actuelle, certains individus appartenant à ces communautés, n’hésitent pas à revendre 23€ le gramme, ce qui fait monter le prix au kilo à 23.000€, c’est totalement honteux pour une plante qui pousse comme du chiendent, comme de l’ortie, comme une fougère!

C’est aussi extrêmement méprisant pour tous les maraîchers qui déroulent un savoir-faire et un gain réel pour la société à un prix au kilo parfois plus de 10000 fois moindre!

En outre, le business de shit est un vrai problème de santé publique pour la jeunesse car celui-ci implique d’autres trafics mêlés, notamment celui de la prostitution et des armes, ou encore cet authentique fléau social qu’est la cocaïne, quand celui-ci n’est pas coupé avec des médicaments, de la paraffine et quantité d’autres produits néfastes pour la santé. Cela entretient également le business du roi du Maroc et d’authentiques mafias.

C’est de l’argent facile qui méprise totalement l’immense masse entendant rester dans la légalité et qui bossent pour un SMIC. Cela crée des disparités de revenus phénoménales puisque on sait notamment, que de nos jours, certains artisans n’hésitent pas, en plus du black considérable qu’ils font, à dealer en plus de leur activité manuelle. On arrive ainsi à des écarts de revenus entre les français qui sont considérables et qui bouleversent totalement l’échelle des salaires et l’utilité sociale des différentes professions. Un dealer peut ainsi réaliser en moins d’une semaine, ce que gagne un professeur des écoles en un mois, c’est scandaleux!

En outre, le statu quo que l’on connaît place les citoyens dans une inégalité flagrante face à la loi ou à sa non application. En effet, certains policiers chargés des stups dans les grandes villes, vont avoir tendance à négliger, à raison, une minuscule saisie d’un individuel plantant chez lui. La même pratique dans certaines campagnes pour un nombre de plants équivalents, vaudra à un autre individu, un passage dans le journal local et une condamnation bien trop lourde par rapport aux dégâts sanitaires et sociaux réellement engendrés par cette auto-culture. Il s’agit là d’une inégalité criante face à la loi ou à la non application de la loi, et c’est parfaitement anti-républicain!

Cela entretient en outre une défiance face à toutes les institutions et un sentiment, avéré d’injustice. Le simple consommateur planteur de cannabis se retrouve ainsi vu comme un paria, comme un renégat même si sur la totalité des autres champs de son existence, il reste totalement dans le cadre des lois républicaines. Cela crée un ressentiment immense que ne suspecte pas François Pupponi qui pense ici en irresponsable!

Au-delà, la prohibition entretient le business honteux et ultra rémunérateur de banques de graines qui les vendent à un prix totalement irréel en rapport au fait qu’un simple pied de cannabis peut en produire des milliers. Certaines sont vendues 6€, 10€ voire 22€ la graine, ce qui relève d’une poule aux oeufs d’or et de l’argent magique surfant sur la prohibition!
De plus, ces banques qui surfent sur des flous législatifs participent à faire monter en THC depuis plus de vingt ans, les hybrides de cannabis. Elles inondent la planète de sorte que les plantes endémiques, beaucoup plus faiblement dotées de THC, se retrouvent en état de rareté absolue et disparaissent progressivement de la nature pour se retrouver… dans les chambres lumineuses de ces dites banques qui en profitent ainsi pour se placer en monopole de diffusion d’une plante originellement aussi fréquente que l’ortie.

Enfin, tous ces petits businessmen de banques de graines sont également les fournisseurs de matériel de culture fort onéreux augmentant, notamment avec les lampes à sodium les risques d’incendies. La culture à domicile sous lampe, dans un pays qui dispose annuellement, d’une quantité largement suffisante de soleil, c’est pas la bonne solution. Nous n’allons pas ouvrir une nouvelle centrale nucléaire pour continuer à alimenter ce choix de société qui n’est en aucun cas écologique alors que le soleil est gratuit!

En dernier lieu, ces banques de cannabis, qui ne pèsent que très peu en terme de lobbys réels et qui n’ont donc pas leur mot à dire sur ce “débat”, emmènent la jeunesse vers des drogues dures en faisant du cannabis une passerelle vers elles. Le cannabis vendu de nos jours n’a rien à voir, en terme de puissance, avec celui des hippies des années 70. Combien de fois des fumeurs occasionnels ont été piégés par ces herbes sur-puissantes et à cause desquelles ils ont fait des malaises! Le maintien de la prohibition, c’est aussi cela. Un cannabis hybride qui ne court que vers une chose, l’abrutissement et les malaises.

Pour briser le trafic du shit qui entretient la violence aux pieds des tours et en campagne, il faut au contraire saturer le marché de cannabis cultivé en plein champ, interdire la vente de matériel permettant de cultiver chez soi sous lampe tant ces dispositifs consomment pour certains, l’équivalent de plusieurs congélateurs branchés en permanence. C’est une aberration totale pour un pays comme la France qui possède des terres peu fertiles, des jachères, des terrains en pente en quantité et dont cette plante s’accommode fort bien car contrairement à la mystification qu’entretiennent sciemment ces revendeurs-charlatans de graines et de lampes, cette plante pousse dans absolument n’importe quelle condition pourvu qu’elle puisse disposer de soleil, d’eau et d’un peu d’apport organique. Ces revendeurs de graines et de matériels sont des ennemis fondamentaux d’une vision républicaine et libertaire de la légalisation du cannabis.

Il faut au contraire saturer le marché, prendre la voie de l’Espagne avec les cannabis social club en s’appuyant sur les réseaux altermondialistes, rayer du casier judiciaire des petits revendeurs, comme cela a pu se produire en Californie, qui n’ont pas commis de violence physique et procéder à une distribution peu chère, dépassionnée, qui brisera le trafic de shit. Il ne faut pas vouloir faire du cannabis une ressource supplémentaire majeure pour l’Etat, il faut au contraire penser aux premières victimes de la prohibition qui sont les personnes désocialisées, victimes de violence à commencer par les femmes et cette démarche saine sera effectivement créatrice d’emplois.

Enfin, la prohibition offre un sur-pouvoir sexuel à des hommes distillant des pensées réactionnaires, machistes à fascisantes. Il faut au contraire émanciper les femmes qui consomment du cannabis, du pouvoir des hommes et de leur monopole puisque l’immense majorité des dealers sont des hommes.

Pour une approche libertaire, républicaine et féministe de la légalisation du cannabis, légalisation réglementée et saturation du marché, avec un taux de THC maximum de 14% pour faire cesser cette course à la puissance.

Il est urgent de légaliser pour en finir avec cette mentalité de petits caïds dealers qui pourrissent la vie de la majorité dans les dits “quartiers populaires” à commencer par celle des femmes.

Bravo à ces élus, il faut maintenant réfléchir à la fois et à son cadre et aller au bout! Il ne faut plus faire de cette plante un fait rare mais au contraire saturer le marché pour briser tous ces trafics qui empoisonnent la vie de la majorité de français et ne pas vouloir en faire une solution miracle pour faire entrer des revenus dans les caisses de l’Etat. Il faut dépassionner la question et on le verra, la consommation n’augmentera pas, stagnera et même baissera.

Dernier point, les ustensiles pour consommer du cannabis, de la simple pipe en verre aux dispositifs plus onéreux, doivent bénéficier d’une TVA à 5.5 pour éviter au maximum la consommation conjointe de tabac.

Faites tourner ce texte, bougez vous, finissons en avec cette question qu’on laisse traîner depuis bien trop de temps dans ce pays. Il faut se résoudre à le penser, des millions de français consomment du cannabis occasionnellement et en ont assez d’être pris en otage à la fois par la répression et par ces petits dealers qui sèment la zizanie sociale partout où ils “exercent” leur “profession”. Stop à l’argent facile et magique, LEGALISATION!

Les Enragé-e-s

Image issue du journal de droite patronale Le Parisien