Avec le Gilet, la bourgeoisie a abattu ses cartes de façon très violente

Intervention improvisée de JC enregistrée en novembre 2019

C’est à écouter ici

Texte sur la cacophonie militante publié mi-2018

La cacophonie militante des réseaux

Certains sont abonnés depuis plusieurs années maintenant à des pages d’extrême gauche et ont donc pu lire des centaines d’articles différents.

Ce qu’il ressort avant toute chose, pour un individu qui aurait pris le temps d’absolument tout lire, c’est une cacophonie militante.

C’est-à-dire que vous avez pu successivement tomber sur des articles qui racontent tout et à la fois leur absolu contraire.

Vous avez enchaîné des dizaines, des centaines d’analyses prétendument critiques et radicales qui, mis bout à bout, ont fini par s’annuler tant l’incohérence globale et générale qu’il en ressort saute aux yeux.

Depuis des années, ces pages, animées le plus souvent par des rejetons de ce que l’on nomme la “classe moyenne” et qui n’est en aucun cas le “français moyen” ont multiplié tactiques, stratégies, critiques des dites tactiques et des stratégies.

Tous ces sites possédaient jusqu’à encore il y a quelques temps, une visibilité relative qui finira par être totalement engloutie par la masse marchande des réseaux marchands.

Ce phénomène ne se sera pas produit à n’importe quelle période de l’Histoire mais au coeur d’une attaque antisociale historique contre l’ensemble des galériens, l’ensemble de ceux qui font tourner concrètement l’économie, même s’ils ne sont pas employés à l’instant T où l’on vous parle.

Tous ces sites auraient pu appeler à l’auto-organisation depuis le bas pour le bas, tout ces sites auraient pu vulgariser la pensée anticapitaliste. Ils ont fait l’exact contraire. Ils nous ont divisés, ils nous ont méprisés, ils nous ont tous envoyés vers des fausses pistes, vers des idéologies portées le plus souvent par “la classe moyenne” (racialisme, postmodernisme, primitivisme, écologisme, altermondialisme, appellisme, etc,…)

Derrière cet immense gâchis, se cache aussi, peut-être, une défense relevant de l’inconscient de leur propre demi-classe sociale, cette demi-classe transmetteuse d’ordres de la bourgeoisie.

Là où nous avions besoin d’unité, de repenser la Liberté fondamentale de chacun et donc de tou-te-s, ils nous ont atomisés, divisés, en chapelles, en business militants, nous ont poussés vers des voies sans issue, vers des leurres, des moulins à vent.

C’est une demi-classe qui aura joué massivement, elle aussi, dans le sens de la lame réactionnaire s’abattant sur la société, à la manière de supplétifs du patronat.

Cette cacophonie militante, c’est quasiment la projection exacte de la cacophonie petite bourgeoise que l’on entend chaque jour sur les télés, les radios, les réseaux marchands.

Elle est le produit du déficit béant d’une conscience de classe, incapable de regarder les priorités historiques, incapable de se situer sur son réel historique.

En relayant les idéologies identitaires, de domination, d’encadrement, cette extrême gauche-là aura été jusqu’à présent un agent objectif des intérêts de la bourgeoisie française.

Nos ennemis de classe ne sont pas seulement à droite ou à l’extrême droite, ou même à gauche, ils sont aussi massivement installés à l’extrême gauche.

Mais les conservateurs, ceux qui votent et pensent comme les patrons, ne devraient pas se réjouir trop vite. Rien n’est joué, rien n’est terminé.

Nous serions très étonnés si le prolétariat français, l’un des plus combatifs au monde, se laissait dépouiller sans broncher, de 70 ans de conquis ouvriers.

Solidarité active avec tous ceux qui sont en lutte, les seuls qui sont vivants, les seuls à avoir compris l’urgence de ne plus accepter l’existant tel qu’il est, les seuls à être dignes.

La dignité ne s’achète pas sur les sites d’extrême gauche et nos voix qui grondent à l’unisson, dépasseront bientôt cette cacophonie.

Les Enragé-e-s