Marianne battue et profanée par le Gilet

Avertissement. Les images d’illustration de cet article et leur sélection ont été édulcorées au regard de la masse qui a pu circuler sur les réseaux commerciaux dits “sociaux” à l’occasion de cette contre-révolution catholique. Il existe en effet des dizaines d’illustrations bien plus explicites que nous ne diffuserons pas ici dans la mesure où elles n’apportent rien au récit mais qui sont facilement trouvables sur les pages et comptes Gilets Jaunes.

 

C’est sous des habits vaguement républicanistes que le putsch sous-culturel des Gilets Jaunes s’est grimé, comme pour mieux pouvoir les souiller à jamais. Une extrême droite qui en France, a toujours voulu abattre la République qu’elle surnomme dédaigneusement “la Gueuse“.

Depuis des années, les pages complotistes (et donc d’extrême droite) ont multiplié les références à la Révolution française et notamment à Marianne.

Pire encore, les propagandistes d’extrême droite, sachant très bien à quels publics ils ont affaire, ont multiplié les figurations de Marianne dans des postures soit humiliantes, soit violentées, soit sexualisées.

Pourquoi?

Parce que pour eux, il y avait nécessité de salir en profondeur l’héritage républicain tout en banalisant de façon iconographique la violence faite aux femmes, presque en l’institutionnalisant et il fallait également se servir de la frustration sexuelle importante des publics acculturés et isolés qui tombent à l’extrême droite comme moteur de diffusion de leur propagande sur les réseaux marchands dits “sociaux”.

Ainsi, la figuration de Marianne a servi de prétexte à un déluge de violence physique et à son érotisation sans fin.

On est là typiquement dans le cadre de manipulations mentales des masses puisque la fachosphère, ayant entrepris massivement ces réseaux depuis plus de quinze ans, dispose désormais d’une puissance propagandiste jamais vue dans l’Histoire.

Il est également notable que certains dessinateurs, tous des hommes, se soient mis à sexualiser la représentation de Marianne comme nous pourrons le constater dans les quelques exemples qui vont illustrer cet article. Le Gilet signant non seulement une attaque de grande ampleur de la Réaction contre le Salariat mais aussi contre les Femmes.

La photo d’illustration de cet article date de 2015 mais celle-ci a été sur-utilisée pendant ces événements ou des équivalents dont nous vous épargnerons l’évocation tant ils transpirent la misogynie.

Ce n’est pas la première fois, historiquement, que l’extrême droite reprend à son compte les symboles de la République au but de semer le poison de la Confusion.

On le voit ici avec cette propagande contre les francs-maçons (On doit par exemple le “Liberté, Egalité, Fraternité” aux francs-maçons). La pieuvre fait également partie des stéréotypes historiques récurrents utilisés par l’extrême droite française au but de figurer une société qui serait soit disant pilotée par les Juifs.

La pieuvre, un grand classique des stéréotypes antisémites diffusés par l’extrême droite française, comme on peut le constater ci-dessous.

Nous avions déjà, dès le début des années 2010, un gros travail de l’extrême droite au but de récupérer les symboles républicains, ici une nouvelle fois Marianne affublée d’un masque Anonymous, un marqueur fort permettant de reconnaître des milieux réactionnaires et/ou fascistes.

Là encore, la figuration d’une Marianne à qui l’on enlèverait un sparadrap de dessus la bouche, gestuelle effectuée, notez-le bien, non pas de façon horizontale mais oblique,  comme si Marianne était muette et que l’extrême droite en Jaune était capable de lui redonner la voix…

Mais quand on regarde de loin ce dessin, on peut également y voir un bâtonnet de glace ou tout du moins, un objet contendant ou même un sexe masculin porté à sa bouche. Là encore, on a une utilisation des propagandistes d’extrême droite de la frustration sexuelle des publics arriérés, acculturés et isolés captés par l’extrême droite. Encore une fois, il existe des illustrations qui ont beaucoup tourné et qui sont autrement plus explicites dont nous vous épargnerons la vision.

Ci-dessous, une illustration réactionnaire, une fois encore de Marianne appelée en défense du piétinement de la Laïcité, cela se passait un an avant le déclanchement du Gilet par la Réaction française.

Ci-dessous, une énième propagande d’extrême droite datant de décembre 2018 érotisant Marianne en usant d’un argument fallacieux de priorisation prétendue de l’usage phallique de la répression.


Mai 2020 cette fois, Marianne est récupérée ici et enfermée au but de diffuser une propagande visant à déprécier le nécessaire confinement qui a permis de sauver des milliers de vies chez les plus âgés et les plus fragiles.

Le mot “Colère” popularisé par le Gilet provient directement de la manifestation d’extrême droite “Jour de Colère” qui avait pollué la capitale française de quelques dizaines de milliers d’individus le 26 janvier 2014. La récupération de Marianne en larmes permit également d’aller chercher les publics dépressifs sur les réseaux commerciaux et de s’en servir également, comme moteur de diffusion.

Le slogan “Qui sème la misère récolte la colère” provenant bien évidemment, lui aussi de l’extrême droite.

La propagande d’extrême droite ira jusqu’à reprendre le triptyque républicain, tout en faisant resurgir la notion de “peuple”, historiquement accolé à la droite car faisant la négation de l’existence des classes sociales.

Nos “républicains” d’extrême droite, non contents de multiplier et de diffuser en masse des images d’une Marianne rouée de coups comme pour mieux banaliser la violence faite aux femmes et même la susciter par sa répétition, semblent oublier sciemment qu’il n’existe pas de procédure démocratique de destitution du président en France. Bien évidemment, il s’agissait d’affaiblir Macron pour mettre Le Pen à la place. Vous noterez également le foulard principalement blanc à liseré bleu figurant les couleurs royalistes et porté à la manière d’une bourgeoise.

Les Gilets Jaunes du département 77, dans ce délire collectif de Confusion, nous gratifieront d’une Marianne barbare inspirée des mythologies nordiques, une Marianne viking au bonnet phrygien jaune poilu en forme de corne de rhinocéros.

Ci-dessous, une référence médiocre et sans imagination au roman de Lewis Caroll avec une Marianne aux yeux fermés et au visage de princesse avec une cocarde principalement, là encore, faite de bleu et de blanc, comme pour mieux nous ressortir du chapeau le lapin royaliste.

Une Marianne exhibant le visage du sous-fasciste Jérome Rodrigues semblant faire pénitence à la place des policiers fascisants qui l’ont mutilé à vie, le rendant borgne comme Jean-Marie Le Pen.

Tel un coup de boutoir hebdomadaire programmé à l’avance par les idéologues fascistes ayant écrit ce mouvement comme une pièce de théâtre grotesque et qui devait soit disant, ne jamais s’arrêter, revoilà Marianne en pleurs saccagée par l’extrême droite à l’occasion de chacun des Actes.

Marianne ici une nouvelle fois en pleurs sur le barbecue géant de Notre-Dame, heureux feu d’artifice qui permettra de calmer providentiellement les ardeurs de toutes nos grenouilles de bénitier électrisées par le Gilet. L’extrême droite est un bord politique où l’on pleure beaucoup en chœur.

Marianne sera ici joyeusement guillotinée en pleurs face à un cimetière de gilets jaunes sacrificiés.

Pour être finalement partouzée les seins nus et démantibulés, la clope au bec.


Ou encore ouvertement oppressée par Macron dépeint en fils de Hollande lui conseillant de “la choper”.


Marianne arborant ici une robe courte aux couleurs des syndicats jaunes patronaux, Macron étant ici figuré en malin au grand nez et aux oreilles en pointe.

La liberté guidant le peuple” de Delacroix repris à toutes les sauces pendant le Gilet, tableau qui n’est pas, contrairement à ce qu’affirme l’encyclopédie en ligne Wikipedia, un symbole républicain puisque ceux-ci se feront chiper cette révolution au bénéfice de l’établissement d’une seconde monarchie parlementaire et non d’une République.

D‘ailleurs, le magazine patronal xénophobe de droite extrême Valeurs Actuelles ne s’y est pas trompé, où ces pauvres gilous décérébrés sont instrumentalisés au but de soulager les plus riches du fardeau des impôts semblant les accabler, les pauvres.

Ci-dessous, un caricaturiste abuse une énième fois de l’érotisation et de la sexualisation sans fin de la figuration d’une Marianne sans culotte s’envoyant en l’air par les mensonges d’Emmanuel Pinocchio.

Abus dont nous avions déjà eus les prémices à l’occasion de sa campagne électorale.  Bien malin celui qui pourra trouver le rapport entre la taille présupposée du sexe de Macron, sa déclaration de patrimoine et les avances lourdingues faites à une femme grimée en Marianne.

Seule la frustration sexuelle de ce dessinateur pourra nous l’expliquer.


Difficile de faire plus explicite où une fois encore, la politique est sexualisée et Marianne érotisée, le 49.3 et son usage étant assimilés à un viol et Marianne, sensée représenter le “Peuple” qui se ferait “baiser”. Comme si se faire “baiser” était synonyme de se faire arnaquer, de se faire voler. Comme si celui ou celle qui se fait “baiser” était systématiquement en situation infériorisée.

Là encore, seul le dessinateur de cette caricature pourra nous expliquer l’utilité d’un tel dessin ou à défaut, nous parler de ses frustrations sexuelles.

Les Enragé-e-s